Voici la première newsletter du Pôle Technologique Agro-alimentaire asbl. Celle-ci se voulant trimestrielle, le prochain numéro sortira dans le courant du mois de janvier 2004.
Bonne lecture !

Table des matières

Le Pôle Technologique Agro-Alimentaire
Rappels et nouveautés sur la réglementation OGM
1. Denrées alimentaires génétiquement modifiées (GM)
2. Les aliments GM pour animaux
Compte-rendu de la journée " Comment une petite entreprise peut-elle accéder à la grande distribution ? "
Compte-rendu de la formation " Innovation et qualité en chocolaterie "
Compte-rendu de l'atelier de travail " Coffee Quality Control " organisé conjointement par l'Union royale des torréfacteurs de café et le Professeur Meurens (UCL)
Compte-rendu de l'atelier de travail consacré à la traçabilité des organismes génétiquement modifiés (OGM) organisé par l'Institut Scientifique de Santé Publique (ISSP)
Agenda

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Le Pôle Technologique Agro-Alimentaire asbl

Depuis quelques années, la région wallonne voit son secteur agro-alimentaire se développer de plus en plus. Mais jusqu'à il y a peu, la Wallonie utilisait insuffisamment les institutions de recherche à sa disposition pour accompagner les entreprises de ce secteur dans leur processus d'innovation et de maîtrise de la qualité.

Pour répondre à cette carence, il s'est avéré nécessaire d'associer et d'organiser les compétences scientifiques et techniques présentes en Wallonie afin de répondre aux besoins des entreprises wallonnes de ce secteur. C'est la raison pour laquelle le Pôle Technologique Agro-alimentaire-asbl a vu le jour en juin 1999, grâce au soutien de la Direction Générale des Technologies, de la Recherche et de l'Energie (DGTRE) du Ministère de la Région Wallonne. Le Pôle associe un ensemble de laboratoires universitaires (Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, Université catholique de Louvain, Université de Liège), de centres de recherche (Celabor et Centre de Recherche agronomique de Gembloux), et de représentants des entreprises (FEVIA-Wallonie). Le Pôle s'appuie également sur des partenaires locaux tels que les Intercommunales et les chambres de commerce et d'industrie. Le Pôle travaille notamment en collaboration avec IDELux (Association Intercommunale d'Equipement Economique de la Province de Luxembourg).

En jouant le rôle d'interface entre les entreprises et ces différentes institutions, le Pôle a pour objectif principal d'aider les entreprises du secteur agro-alimentaire à se développer plus efficacement.
Ainsi, il a pour mission :
- de garantir aux entreprises un meilleur accès aux informations scientifiques et législatives,
- de répondre aux demandes des entreprises en matière de veille technologique,
- d'aider les PME dans leur gestion de l'innovation technologique et de la qualité,
- d'apporter une assistance (conseils, analyses,…) dans la résolution de problèmes,
- d'aider dans la gestion et le contrôle statistique informatisé des procédés.

La cellule d'accompagnement du Pôle est constituée de 4 personnes : 3 guideurs universitaires et une secrétaire-comptable. Toute l'équipe est depuis le début de l'année 2003 basée à Gembloux, dans les locaux de la Faculté des Sciences Agronomiques.

Le Pôle Technologique est entièrement subventionné, à 50% par la Région Wallonne et à 50% par le Fonds Social européen. De ce fait, l'intervention directe des guideurs est gratuite. Seules sont à charge des entreprises les prestations sous-traitées selon un devis établi et accepté par les parties contractantes.



Rappels et nouveautés sur la réglementation OGM

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont des organismes dont le matériel génétique (ADN= acide désoxyribonucléique) a été transformé d'une manière qui ne s'effectue pas par multiplication ou recombinaison naturelles. Cette technique permet de transférer des gènes sélectionnés d'un organisme à un autre, également entre des espèces différentes.

LES REGLES ACTUELLEMENT EN VIGUEUR

1. Denrées alimentaires génétiquement modifiées (GM)
Le règlement " Novel Food " (règlement (CE) n°258/97), relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires, fixe le cadre pour l'autorisation et l'étiquetage des aliments contenant des OGM et de leurs dérivés.
Seize OGM sont actuellement autorisés en vue d'une utilisation dans les produits alimentaires. Il s'agit des OGM suivants :
- un soja, un maïs et une chicorée GM autorisés au titre de la directive 90/220/CEE avant l'entrée en vigueur du règlement sur les nouveaux aliments (Novel Food) ;
- des denrées alimentaires transformées obtenues notamment à partir de sept colzas génétiquement modifiés, de quatre maïs génétiquement modifiés et d'huile provenant de deux cotons génétiquement modifiés.
Le règlement (CE) n°1139/98 impose les mentions d'étiquetage " produit à partir de maïs/soja génétiquement modifié ou génétiquement modifiés " pour les denrées contenant de l'ADN et/ou des protéines provenant d'une variété de maïs GM (maïs Maximizer) et d'une variété de soja GM (soja Roundup Ready).
Le règlement (CE) n°50/2000 garantit également que les additifs et les arômes soient aussi obligatoirement étiquetés.
Un seuil de tolérance de 1% pour la présence accidentelle d'ADN ou de protéines résultant d'une modification génétique est avancé. En dessous de ce seuil, l'étiquetage n'est pas nécessaire (règlement (CE) n° 49/2000).

2. Les aliments GM pour animaux
A l'heure actuelle, aucun seuil de tolérance n'a été fixé pour les aliments GM pour animaux. Néanmoins, il est nécessaire d'obtenir une autorisation conformément à la directive 90/220/CEE en vue d'une utilisation d'OGM dans l'alimentation animale. Huit OGM sont actuellement autorisés (4 variétés de maïs, 3 variétés de colza et 1 variété de soja).
Vu l'absence de seuil, deux possibilités sont à envisager :
- absence d'OGM => pas d'étiquetage requis et pas de mention 'sans OGM' non plus ;
- présence d'OGM autorisé => étiquetage exigé.

NOUVELLES LEGISLATIONS (prévisions d'entrée en vigueur : printemps 2004)

Les nouveaux règlements instaurent:
1. un système communautaire harmonisé de traçabilité des OGM
La directive 2001/18/CE a introduit la traçabilité ciblée spécifiquement sur les OGM, mais ne fournit ni la définition de cette notion, ni les objectifs qui s'y rattachent, ni les modalités complètes de sa mise en œuvre.
Avec la nouvelle réglementation sur la traçabilité, les exploitants doivent transmettre et conserver des informations sur les produits qui contiennent des OGM ou qui sont dérivés d'OGM à chaque étape de la mise sur le marché et à chaque opérateur de la filière. Les informations sont les suivantes :
- systèmes et procédures permettant de déterminer par qui et au profit de qui les produits sont mis à disposition ;
- pour les OGM destinés à une dissémination volontaire dans l'environnement, informations précises permettant d'identifier l'OGM ou les OGM contenu(s) dans un produit ;
- pour les OGM destinés à l'alimentation humaine ou animale ou destinés à être transformés, soit informations précises mentionnées ci-dessus, soit déclaration certifiant que le produit est uniquement destiné à être utilisé pour l'alimentation humaine ou animale ou à être transformé, accompagnée d'une identification de l'OGM ou des OGM que le produit est susceptible de contenir ;
- pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux dérivés d'OGM, information de l'exploitant en aval dans la chaîne que le produit a été obtenu à partir d'OGM ;
- conservation de ces informations pendant cinq ans.

2. un système d'identification unique pour chaque OGM
Des identificateurs (codes alpha numériques) spécifiques, attribués à chaque OGM, permettront d'identifier précisément l'OGM (en établissant un lien direct avec les informations correspondantes reprises dans les registres).

3. une procédure d'autorisation unique des OGM pour les denrées alimentaires et l'alimentation des animaux 'one door one key'
Avant d'obtenir une autorisation de mise sur le marché, tout OGM doit subir une évaluation préalable. L'évaluation et l'autorisation des OGM et des aliments génétiquement modifiés sont soumises à des règles claires au sein de l'UE, mais les responsabilités sont partagées entre les Etats membres et la Communauté.
Les produits autorisés sont inscrits dans un registre public des denrées alimentaires et des aliments pour animaux génétiquement modifiés. L'autorisation devrait être accordée pour une période de 10 ans sous réserve, le cas échéant, de la mise en œuvre d'un plan de surveillance consécutif à la mise sur le marché. Les autorisations sont renouvelables par période de 10 ans.
Selon le principe " une seule clé par porte - one door, one key ", une seule demande d'autorisation commune pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux devra être introduite. Le règlement prévoit que les OGM susceptibles d'être utilisés pour les aliments à destination humaine et animale seront soit autorisés pour les deux utilisations soit pas autorisés du tout.
Un seuil de tolérance a été fixé à 0.5% pour la présence accidentelle ou techniquement inévitable de matériel génétiquement modifié dont la mise sur le marché n'a pas encore été définitivement approuvée (pour lequel l'évaluation des risques est favorable). Au-delà de ce seuil, le produit ne sera pas autorisé sur le marché. Cette mesure expirera dans 3 ans.

4. l'étiquetage obligatoire des aliments génétiquement modifiés pour animaux
Pour les denrées alimentaires et les aliments génétiquement modifiés pour animaux, l'étiquette doit porter la mention : " ce produit contient de (nom de l'organisme) génétiquement modifié " ou " produit à partir de (nom de l'organisme) génétiquement modifié ".
Cette mention dans l'étiquetage ne sera pas nécessaire si la présence de matériel génétiquement modifié autorisé est inférieure à 0,9% et si son caractère accidentel et techniquement inévitable peut être prouvé.
Rmq: les produits comme la viande, le lait ou les œufs obtenus à partir d'animaux nourris avec des aliments génétiquement modifiés ou traités avec des médicaments génétiquement modifiés ne doivent pas être étiquetés comme tels.

5. un étiquetage élargi aux aliments produits à partir d'OGM même si les OGM ne sont plus détectables (ex : les huiles)
La traçabilité étant utilisée comme nouvel outil d'étiquetage (les critères analytiques seuls ne suffisent plus), il faudra étiqueter de nombreux additifs et huiles épurées alors que les méthodes d'analyse ne permettront plus d'établir la présence d'OGM. Par contre, des produits ayant été obtenus avec l'aide d'OGM, comme des auxiliaires technologiques (telles les enzymes et les levures), ne devront pas être étiquetés sauf s'ils se trouvent encore dans le produit fini.

6. le dépôt de méthodes de détection et de standards pour l'identification et la quantification des OGM.
Les méthodes de détection devront être fournies à l'Autorité alimentaire européenne (EFSA). Le Centre Commun de Recherche (CCR) de la Commission sera le nouveau laboratoire communautaire de référence, chargé de valider les méthodes de détection. Le CCR continuera de coopérer avec le " Réseau européen de laboratoires de référence pour les OGM ".

Note : Nous remercions l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) et le SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement pour l'aide à la rédaction de ce document.


Compte-rendu de la journée " Comment une petite entreprise peut-elle accéder à la grande distribution ? "

Cet événement a été organisé par le Pôle Technologique Agro-Alimentaire pour expliquer aux TPE et PME la philosophie et les concepts utilisés dans les dossiers de spécification de la grande distribution. Des domaines tels que l'étiquetage, la caractérisation du produit, les systèmes Qualité et l'emballage ont été abordés.

La FEDIS (Fédération belge des entreprises de distribution) nous avait introduit auprès de distributeurs belges pour nous faire profiter de leur expérience très pratique. Monsieur Luc Bonfond, Quality Manager à Carrefour Belgique, nous a d'abord fait un rappel des différentes étapes à réaliser pour se faire référencer par Carrefour. Celui-ci a d'abord insisté sur la sécurité des produits alimentaire proposés qui est vraiment un pré-requis pour avoir accès à une enseigne de la grande distribution. Il nous a ensuite présenté les différents types de produits que contient l'assortiment de Carrefour : les 2 marques du distributeur, les produits bio, les produits " Souvenirs du terroir ", les produits frais traditionnels, les produits " filière qualité ", les produits " commerce équitable ", les produits " santé " et les produits " premier prix ". Pour un nouveau fournisseur, il faut généralement compter 6 mois à partir des premiers contacts jusqu'à la fourniture de produits en magasin. Sur ce laps de temps, les étapes suivantes sont réalisées : sélection de fournisseurs, briefing Qualité, planification de la livraison des échantillons, réalisation de panels de dégustation internes et externes, négociations commerciales, élaboration du dossier de spécification, audit, élaboration de l'étiquetage et développement de l'emballage. Cet exposé nous a appris que Carrefour Belgique s'appuie sur l'expertise de maîtres-cuisiniers pour le choix de nouveaux produits et pour le conseil aux entreprises en matière de goût. Pour l'audit des ateliers de fabrication, Carrefour applique actuellement un référentiel propre inspiré de celui du British Retail Consortium (BRC). Cet audit est réalisé par une société externe. La " charte étiquetage " de Carrefour va plus loin que les seules obligations légales, notamment en matière d'ingrédients d'ingrédient, d'allergènes et d'organismes génétiquement modifiés. Il est prévu que la législation européenne renforce ses exigences sur ces deux premiers points.

Monsieur Maurice Charles, inspecteur-directeur au SPF Economie, PME, classes moyennes et énergie nous a ensuite donné un aperçu des principaux textes légaux qui précisent les exigences en matière d'étiquetage pour les denrées alimentaires. Les lois du 24 janvier 1977 et du 14 juillet 1991 en sont la base. Elles reprennent entre autres les sanctions pénales applicables en cas d'infraction. Spécifiquement pour l'étiquetage des denrées alimentaires, les principaux arrêtés d'exécution sont les suivants : 13/09/99, 9/02/90 et 28/12/79. L'arrêté royal du 13/09/99 définit les règles générales applicables aux denrées alimentaires préemballées. L'arrêté royal du 9/02/90 spécifie dans quelle mesure le lot doit être indiqué sur l'étiquetage d'une denrée alimentaire. L'arrêté royal du 28 décembre 1979 définit les exigences légales relatives au préconditionnement en masse ou en volume.

Monsieur Bonfond nous a ensuite présenté le contenu du cahier des charges à remplir par les fournisseurs de Carrefour Belgique. Ce document de 13 pages, qui est accompagné d'une note explicative, est rempli par les fournisseurs en moyenne en une trentaine de jours, avec ou sans l'aide d'un consultant. Il serait actuellement question de rendre ces cahiers des charges disponibles via internet et de les uniformiser entre distributeurs. Cette initiative aurait pour but de faciliter le travail tant du point de vue des distributeurs que de celui des entreprises transformatrices. Une première page reprend les données de base : dénomination du produit, conditionnement, coordonnées de l'entreprise et de l'emergency line de Carrefour. Le dossier rappelle ensuite les obligations légales que l'entreprise productrice doit satisfaire. Les pages suivantes caractérisent le produit (ingrédients, caractéristique des ingrédients, teneurs en contaminants, teneurs en allergène, valeurs nutritionnelles, teneurs en vitamines et en minéraux, caractéristiques microbiologiques et physico-chimiques, date limite de consommation, mode d'emploi, conditions de conservation, caractéristiques organoleptiques, indication du numéro de lot). Les procédés et le contrôle de fabrication doivent y être définis. La politique de l'entreprise en matière d'environnement est présentée ainsi que son système d'assurance Qualité. Une partie du dossier de spécification est consacré à l'emballage (préemballage, suremballage et palettisation).

Madame Christine Anceau, déléguée à l'Unité de Technologie des Industries agro-alimentaires de la Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux pour l'asbl Réquasud, nous a brossé un rapide tableau de différents systèmes Qualité qui sont spécifiques au secteur agro-alimentaire. Leur objectif commun est de vouloir garantir la qualité du produit d'un point de vue sécurité, santé, sensoriel et utilisation. Les systèmes Qualité qui existent en amont des entreprises de transformation ont été rapidement présentés : Good Manufacturing Practice (GMP) pour l'alimentation animale, Good Agricultural Practice (Eurep GAP), agriculture raisonnée, Qualité Filière Lait (QFL) et produits labellisés. Au niveau des entreprises agro-alimentaires, l'apparition de nouvelles contraintes légales et la prise de conscience des dangers liés à la transformation agro-alimentaire ont poussé les entreprises à veiller à l'application de bonnes pratiques d'hygiène. L'arrêté royal du 7/02/97 impose à toute entreprise de transformation la mise en place d'un système Qualité tel que l'HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). Pour rappel, cette démarche vise à constituer une équipe HACCP, à rassembler les données sur le produit, à identifier les utilisations attendues du produit, à établir des diagrammes de fabrication, à analyser les risques liés au procédé, à identifier les points de contrôle critique, à établir les limites critiques, à identifier les actions correctrices, à établir un système documentaire, à valider et à revoir régulièrement la démarche. Le référentiel BRC (British Retail Consortium) va plus loin que le système HACCP dans la mesure où il énonce des exigences précises en matière de personnel, de maîtrise des processus, de maîtrise des produits, de normes environnementales. Enfin, le contenu d'un arrêté en préparation a été présenté. Il est basé sur le règlement européen 178/2002. Il tend à renforcer l'auto-contrôle et la traçabilité. Il imposera vraisemblablement la notification à l'AFSCA de toute information relative à un produit dangereux pour la santé.

L'exposé de Monsieur Guido Brosius, Packaging Manager à Carrefour Belgique, s'articulait autour des trois fonctions de l'emballage : la fonction de communication, la fonction physique et la fonction environnementale. La fonction de communication est évidente : attirer l'attention du consommateur, positionner le produit et défendre une marque. La fonction physique, quant à elle, consiste à protéger l'aliment, à faciliter son transport et son stockage, à en faciliter l'utilisation par le consommateur (ouverture facile, résistance aux micro-ondes,…) et à en faciliter la saisie par une machine. Enfin, la fonction environnementale est aussi fort importante aux yeux de Carrefour Belgique qui mentionne d'ailleurs spécifiquement les produits avec emballage écologique. Cette fonction tend à minimiser l'impact des emballages sur l'environnement par des actions telles que : minimiser le poids de l'emballage, utiliser autant que possible des matériaux recyclés, minimiser l'utilisation de suremballage, utiliser des systèmes rechargeables ou de consigne, utiliser le moins possible le PVC et l'aluminium, utiliser des emballages constitués d'un seul matériau, employer des matières compostables, utiliser du papier sans chlore, utiliser préférentiellement du polyéthylène, du polypropylène et du polyéthylène téréphtalate pour les films plastiques,… Guido Brosius attend les futures évolutions du packaging dans les domaines suivants : fragmentation, positionnement plus ciblé, internationalisation, convivialité pour l'utilisateur, respect de l'environnement, emballages plus pratiques pour les personnes âgées.

Pour être complet, mentionnons encore le supplément du Magazine PMEKMO (juin 2003) qui faisait partie du dossier de la journée. Il s'intitule : " Négocier et vendre à la grande distribution ". Au travers de témoignages, il présente une série d'avantages (volumes importants, crédibilité de la société, conseils gustatifs, …) et d'inconvénients (diminution des coûts de revient, produits choisis par le distributeur, amoindrissement de l'image du produit, risque non négligeable de perdre ce gros client,…) liés aux relations commerciales avec la grande distribution.

NB : Les personnes qui souhaiteraient recevoir un exemplaire du dossier de la journée peuvent nous en faire la demande.


Compte-rendu de la formation " Innovation et qualité en chocolaterie "

L'atelier de formation de ce 23 septembre 2003, ayant pour thème " Innovation et qualité en chocolaterie ", a débuté vers 15h par l'accueil des participants. Monsieur Bitaine, président d'Idelux, et Madame Fauconnier, du Pôle Technologique Agro-alimentaire, ont respectivement présenté leur institution, avant d'introduire les principaux orateurs de l'après-midi. Monsieur Olivier Broze, travaillant à l'Unité de Technologie des Industries Agro-alimentaires de la Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, était chargé de présenter les grandes lignes de l'HACCP et de ses applications en chocolaterie. En parallèle, Monsieur Edouard Bechoux, consultant chocolatier international, mettait celles-ci en pratique en réalisant deux recettes de pralines, connues pour leur plus grande difficulté de conservation.
L'exposé théorique a débuté par le rappel de la directive 93/43, transposée en droit belge dans l'arrêté royal du 7 février 97, qui met en évidence l'obligation d'améliorer le niveau d'hygiène des denrées alimentaires, afin notamment de rétablir la confiance des consommateurs, et introduit la notion du système préventif de maîtrise qu'est l'HACCP. En préalable à ce système, les exigences générales et spécifiques d'hygiène sont reprises dans les Guides de bonnes pratiques, approuvés au niveau ministériel.
Le programme de l'HACCP, composé de 7 principes applicables en 14 étapes, a pour objectif d'obtenir un produit répondant à 4 critères : satisfaction, santé, service et sécurité du consommateur. Pour ce faire, identifier et analyser tout danger physique, chimique ou biologique à chacune des étapes du processus de fabrication, définir les moyens de maîtriser ces dangers et s'assurer de leur bonne mise en place, constituent les principes majeurs de l'HACCP.
En parallèle, Monsieur Bechoux a réalisé devant l'assemblée deux types de pralines " sensibles ". Les ganaches au thé Tchaï sont fragiles de par la présence de crème fraîche, milieu favorable au développement de microorganismes, et la présence de thé, souvent contaminé par les nombreuses manipulations qu'il requiert pour sa production. Mr Bechoux a donc rappelé l'importance d'atteindre une température de chauffage suffisante afin de " décontaminer " le produit. L'autre type de pralines, des palets à la pâte de pistache, est sujet aux contaminations chimiques par la présence éventuelle d'aflatoxines. Mr Broze s'est servi de cet exemple pour souligner l'importance d'obtenir des informations précises sur les matières premières employées dans la production. Ceci est d'ailleurs une des étapes de l'HACCP.
Mr Bechoux a insisté sur les précautions à prendre lors de la fermeture des pralines, étape devant être réalisée à une certaine température afin d'empêcher l'emprisonnement d'une bulle d'air dans la praline, ce qui altèrerait la durée de conservation de celle-ci en permettant le développement de certains germes. L'épaisseur du talon doit être de ~2 mm, car en-dessous le chocolat devient poreux, et au-dessus cela peut être néfaste au niveau organoleptique.
Tout au long de l'après-midi, l'alternance ciblée des exposés théorique et pratique, en fonction des étapes de fabrication des pralines et des points critiques de celles-ci, identifiés grâce à la méthode HACCP, a permis d'avoir un aperçu relativement complet des méthodes de chocolaterie tout en respectant les règles élémentaires d'hygiène. Ces exposés ont également été enrichis de sujets abordés suite à quelques questions du public, concernant notamment le problème de l'exportation et de la congélation-décongélation des pralines, la température de cristallisation du chocolat, la contamination chimique par des agrumes traités aux pesticides…
Enfin, l'après-midi s'est achevée par la dégustation des pralines réalisées en direct, accompagnées notamment de bières de la région : les bières des brasseries d'Orval et de Rulles.

Compte-rendu de l'atelier de travail " Coffee Quality Control " organisé conjointement par l'Union royale des torréfacteurs de café et le Professeur Meurens (UCL)

Cet exposé a présenté une méthode d'authentification de cafés. Elle a été développée par Monsieur Rubayiza dans le cadre de son doctorat au sein du Laboratoire de spectrophotométrie de l'Université catholique de Louvain (UCL). Ce laboratoire, qui est dirigé par le Professeur Meurens, est un des laboratoires membres du Pôle Technologique et spécialisé dans les techniques d'analyse rapide des aliments.

Cette étude s'inscrit dans un certain contexte économique. Le café a, en effet, un prix qui varie beaucoup en fonction de son origine géographique et de son origine variétale. Il est dès lors intéressant de pouvoir contrôler la carte d'identité d'un café. Les méthodes classiques d'analyse sont nombreuses pour le café : Soxhlet (lipides), spectrométrie UV (caféine et acides chlorogéniques), chromatographie gazeuse (stérols, diterpènes et composés volatils), HPLC (acides chlorogéniques et diterpènes), spectrométrie de masse (rapport isotopique).

L'étude réalisée à l'UCL a calibré sur les méthodes de référence le spectre de fluorescence et le spectre Raman induits par une exposition à un faisceau laser. Cette calibration a été réalisée au moyen de 138 échantillons d'origines diverses. Cette méthode permet de distinguer :
- un arabica d'un robusta,
- un café préparé par voie sèche d'un café préparé par voie humide,
- un liberica d'un arabica/robusta,
- un arabica cultivé à basse altitude d'un arabica cultivé à haute altitude.

L'avantage de cette nouvelle méthode d'analyse est de fournir un délai d'analyse et un prix beaucoup plus raisonnables qu'en utilisant une méthode classique. Une précision de mesure de l'ordre de celle des méthodes classiques a été annoncée.

Compte-rendu de l'atelier de travail consacré à la traçabilité des organismes génétiquement modifiés (OGM) organisé par l'Institut Scientifique de Santé Publique (ISSP)

Cette conférence organisée par Monsieur W. Moens de l'ISSP était la première réunion du " Belgian Network of GMO Laboratories " qui regroupe des équipes de recherche de l'ISSP, du Centre de Recherches agronomiques flamand (CLO), du Centre d'Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques (CERVA) mais aussi de l'un de nos membres, le Centre de Recherches agronomiques de Gembloux. Elle fut l'occasion de faire le point sur les sciences et techniques utilisées ou développées au niveau belge pour tracer les OGM.

Après une introduction de Monsieur Marc De Loose (CLO) retraçant un bref historique du sujet traité, Monsieur Windels (CLO) a souligné qu'il était important de procéder à une caractérisation moléculaire d'un événement de transformation. On a en effet constaté que lors de l'insertion de l'ADN étranger à la plante, des réarrangements s'opéraient naturellement dans la région entourant la séquence d'ADN introduite.

Monsieur Moens a mis en évidence les avantages de l'utilisation de plasmides synthétiques comme matériel de référence pour détecter les différents OGM. Pour rappel, on appelle plasmides des molécules d'ADN circulaires. Ils sont aisément produits en grandes quantités dans des bactéries et peuvent servir de vecteur de clonage moléculaire, en l'occurrence ici pour des segments d'ADN caractéristiques d'une lignée végétale transgénique. Ils sont un matériel de référence de choix vu qu'ils garantissent l'absence de contamination. Monsieur Moens a mis en évidence le fait que la modification génétique d'une plante doit être caractérisée et que cette information doit être diffusée par l'entreprise qui l'a imaginée pour pouvoir en assurer la détection.

Monsieur Van den Eende du centre commun de recherche (JRC) d'Ispra a sensibilisé son auditoire au problème de l'échantillonnage pour pouvoir garantir une bonne détection de la présence d'OGM. Avoir une bonne idée du contenu en OGM d'un échantillon hétérogène peut effectivement très vite se révéler être une entreprise coûteuse, et ce d'autant plus que les nouvelles législations, même si elles fixent des seuils limites, ne sont pas encore des plus précises. On peut en effet se demander quelles unités de mesure doivent être utilisées pour calculer les limites, fixées en pourcent. Les objectifs d'évaluation et d'harmonisation des moyens de contrôle de l'European Network of GMO Lab's (ENGL) ont été rappelés.

Monsieur Berben du Centre de Recherches agronomiques de Gembloux nous a fait part de son expérience dans la détection qualitative et quantitative d'OGM par amplification génique en temps réel (RT-PCR). Cette technique qui semble actuellement être la plus fiable et la plus sensible est actuellement basée sur l'utilisation de matériel de référence certifié. Elle permet la détection d'OGM en dessous du seuil de 0,9% qui impose aux conditionneurs un étiquetage adéquat. Monsieur Berben nous a rappelé dans quelles limites s'applique ce seuil : il est communément admis qu'il exprime la part d'une espèce génétiquement modifiée dans la quantité totale de cette espèce présente dans un échantillon.

Les perspectives offertes par les biochips nous ont ensuite été présentées par Monsieur Gauthier des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur. Il s'agit d'un outil d'analyse particulièrement prometteur pour réaliser simultanément de multiples analyses en routine. Une première génération est actuellement au stade de validation au JRC.

Ces différents exposés ont clairement montré que la Belgique compte d'éminents experts en matière de traçabilité des OGM … et qu'ils ne manqueront pas de travail dans les années qui viennent.


Agenda


Octobre 2003

LA SECURITE ALIMENTAIRE ET L'AUTOCONTROLE (séances d'information)

29/10/2003 de 8h30 - 11h00 à Namur
04/11/2003 de 14h00 - 17h00 à Mechelen
27/11/2003 de 16h00 -18h30 à Charleroi, Hainaut
03/12/2003 de 17h00 - 20h00 à Eupen-Verviers-Liège (Barchon)


Contact FEVIA :
Madame Patricia Dykmans
Coordinatrice Gestion de la Qualité
E-mail : pds@fevia.be
tél : 02 550 17 41

http://www.fevia.be/securite_alimentaire/agenda.htm

TRACEABILITY IN THE PRODUCTION ENVIRONMENT AIM Techno Day

Le 30 octobre 2003 de 13h30 à 19h
Lieu : Diamant Building, Bd. A. Reyers 80, 1030 Bruxelles

Prix : 50 €

Renseignements : Herman Looghe
Directeur AIM Belgium asbl
Tél : 02/706 80 00
E-mail : herman.looghe@agoria.be

Novembre 2003

COMMANDE DE PROCEDES (AUTOMATION)

Les 12, 13 et 14 novembre 2003
Prix : 630 Euros
Réductions : enseignants, asbl, demandeurs d'emploi :50% de réduction, PME et indépendants : 21 chèques-formation

Responsable académique : Denis Dochain, professeur UCL

http://www.sagr.ucl.ac.be/fc/

LE LAIT, QUALITE ET GUIDANCE

Le 26 novembre 2003 à 13h15
Lieu : Département Qualité des Productions agricoles, Chée de Namur, 24 à Gembloux
Symposium organisé à l'occasion du départ à la retraite de Mr André Van Reusel, Chef de Section

Renseignements : Centre de Recherches agronomiques
Service Communication
Rue de Liroux, 9
5030 Gembloux
Tél : 081/62 65 51
Fax : 081/62 65 59
minne@cra.wallonie.be

Décembre 2003

LES MYCOTOXINES DANS L'ALIMENTATION - EVALUATION ET GESTION DES RISQUES

Le 11 décembre 2003
Prix : 150 €
Réductions : asbl, demandeurs d'emploi :75 €, PME et indépendants : 7 chèques-formation

Responsable académique : Yvan Larondelle, professeur UCL

http://www.sagr.ucl.ac.be/fc/